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Plan d'Épargne Retraite (PER) pour les salariés : comment optimiser sa fiscalité tout au long de sa carrière

mis en ligne le 5 août 2026 parJeanne
Plan d'Épargne Retraite (PER) pour les salariés : comment optimiser sa fiscalité tout au long de sa carrière

 

Anticiper la baisse de revenus au moment de la retraite est une préoccupation partagée par la grande majorité des salariés. Face à des pensions obligatoires souvent inférieures à 50 % du dernier salaire, le Plan d'Épargne Retraite (PER), instauré par la loi Pacte de 2019, s'est imposé comme la solution de référence pour se constituer un complément de revenus, avec un avantage fiscal immédiat pendant la vie active.

Contrairement à une idée reçue, le PER n'est pas un produit unique : il existe sous plusieurs formes, adaptées à des situations professionnelles différentes. Comment s'articulent-elles pour un salarié ? Quelles sont les règles de déduction fiscale applicables en 2026 ? Et dans quels cas privilégier un versement volontaire plutôt qu'un abondement de l'employeur ? Voici les points essentiels à connaître.

 

Trois compartiments pour un même produit

Le PER se compose en réalité de trois compartiments qui peuvent coexister au sein d'un même contrat : le PER individuel (PERIN), ouvert librement par chacun ; le PER d'entreprise collectif (PERECO), qui a remplacé l'ancien PERCO et auquel l'employeur peut abonder les versements ; et le PER d'entreprise obligatoire (PERO), réservé à certaines catégories de salariés désignées par l'entreprise, avec des cotisations généralement partagées entre employeur et salarié.

Le PER individuel n'est d'ailleurs pas réservé aux seuls salariés couverts par un dispositif d'entreprise. Il s'adresse en réalité à un public large : tous les travailleurs non salariés, mais aussi les salariés qui ne bénéficient pas, ou plus, d'un PER mis en place par leur employeur. Il reste par ailleurs accessible aux demandeurs d'emploi, aux professions libérales, aux fonctionnaires ou encore aux personnes sans activité, sans aucune condition de ressources.

Pour un salarié, l'intérêt réside dans la possibilité de cumuler ces trois enveloppes. Un versement volontaire sur le compartiment individuel ouvre droit à une déduction fiscale, tandis que l'abondement versé par l'employeur sur le compartiment collectif est exonéré d'impôt sur le revenu dans certaines limites, ce qui en fait un mécanisme particulièrement avantageux lorsqu'il est disponible.

 

Un plafond de déduction calculé sur les revenus N-1

À la différence des travailleurs non salariés, dont le plafond se calcule sur le bénéfice de l'année en cours, celui des salariés repose sur les revenus professionnels de l'année précédente. Il correspond au montant le plus élevé entre deux formules : 10 % des revenus d'activité professionnelle de l'année N-1, retenus dans la limite de 8 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), ou, si ce montant est plus favorable, 10 % du PASS de l'année N-1.

Le PASS étant fixé à 48 060 € en 2026, un salarié bénéficie donc d'un plafond compris entre un plancher de 4 806 € et un maximum de 37 680 €. Ce plafond diminue chaque année des cotisations déjà versées sur d'anciens contrats Perco, Article 83 ou PERE, ainsi que des sommes versées par l'employeur sur le PER d'entreprise. Le montant exact disponible figure sur l'avis d'imposition, à la rubrique dédiée, et peut également être consulté sur l'espace personnel dédié aux impôts.

Rien n'empêche par ailleurs de détenir plusieurs contrats PERIN, y compris chez des assureurs ou gestionnaires différents, à condition toutefois que le premier contrat soit déjà actif pour pouvoir en ouvrir un second. Ce point mérite néanmoins une vigilance particulière : les plafonds de déduction fiscale ne se cumulent pas d'un contrat à l'autre. L'enveloppe de déduction reste unique et s'applique à l'ensemble des versements réalisés, tous PERIN confondus, ce qui peut vite devenir source d'erreur en cas de gestion de plusieurs contrats sans vue d'ensemble sur ses versements cumulés.

 

Report des plafonds non utilisés : une souplesse à exploiter

Comme pour les indépendants, le plafond non consommé une année n'est pas perdu. Il peut être reporté sur les années suivantes, dans la limite de 5 ans depuis l'évolution introduite par la loi de finances pour 2026 (contre 3 ans auparavant pour les plafonds antérieurs). Cette règle permet à un salarié qui n'a pas versé une année donnée de rattraper ce retard plus tard, par exemple lors d'une prime exceptionnelle ou d'une rentrée d'argent ponctuelle, en concentrant un versement plus important pour maximiser la déduction fiscale de l'année.

Les couples mariés ou pacsés peuvent en outre mutualiser leurs plafonds respectifs, ce qui permet d'optimiser la déduction à l'échelle du foyer fiscal lorsque l'un des deux conjoints dispose d'un plafond peu utilisé.

 

Gestion pilotée ou gestion libre : deux façons de faire fructifier son épargne

Au-delà de l'aspect fiscal, le PER se distingue aussi par sa souplesse de gestion. La plupart des contrats proposent par défaut une gestion pilotée, où l'allocation entre fonds euros sécurisés et supports en unités de compte évolue automatiquement pour sécuriser progressivement le capital à l'approche de la retraite. Les épargnants qui souhaitent garder la main peuvent en revanche opter pour une gestion libre, en choisissant eux-mêmes la répartition de leurs supports selon leur appétence au risque et leur horizon de placement.

Reste la question du bon moment pour se lancer. Techniquement, un PER peut être ouvert dès la majorité, à 18 ans, mais démarrer très tôt n'est pas toujours pertinent : en début de carrière, les revenus sont souvent limités et absorbés par d'autres priorités, ce qui réduit mécaniquement la capacité d'épargne. Le bon réflexe consiste plutôt à ouvrir son contrat dès que des versements réguliers deviennent possibles sans fragiliser son budget courant, tout en gardant à l'esprit qu'un horizon de placement long reste un atout précieux pour lisser les fluctuations des marchés dans la durée.

 

Sortie en rente, en capital, ou les deux

Autre atout du PER par rapport aux anciens contrats Perco ou Article 83 : la souplesse de sortie. À l'âge de la retraite, le salarié peut choisir une sortie intégrale en capital, une sortie en rente viagère, ou une combinaison des deux, selon ses besoins de trésorerie et sa situation patrimoniale. Cette liberté de choix, absente des dispositifs plus anciens qui imposaient souvent une rente obligatoire, constitue un argument de poids en faveur du PER.

Le déblocage anticipé reste par ailleurs possible dans plusieurs situations : décès du conjoint ou du partenaire pacsé, invalidité du titulaire, de son conjoint ou de l'un de ses enfants, situation de surendettement, expiration des droits au chômage, ou cessation d'activité non salariée à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire. L'achat de la résidence principale constitue un cas de déblocage à part, souvent le plus mobilisé par les épargnants en milieu de carrière.

La question de la transmission mérite également d'être anticipée. Si le décès du titulaire survient pendant la phase d'épargne, avant la liquidation du contrat, les sommes accumulées sont transmises aux bénéficiaires désignés dans la clause du contrat, sous forme de capital ou de rente selon leur choix. Si le décès intervient après le départ en retraite, alors que le titulaire percevait déjà une rente viagère, le conjoint survivant peut bénéficier d'une rente de réversion, et dans certains cas, d'un versement en capital selon les modalités prévues au contrat. Il est donc essentiel de vérifier régulièrement la clause bénéficiaire de son contrat, notamment après un mariage, un divorce ou une naissance.

 

Un dispositif miroir pour les indépendants

Si le PER individuel des salariés répond à une logique de plafond calculé sur les revenus N-1, les travailleurs non salariés bénéficient quant à eux d'un per tns aux règles de déduction spécifiquement adaptées à leurs revenus professionnels, souvent plus avantageuses compte tenu de la faiblesse relative de leurs régimes obligatoires. Depuis l'arrêt de la commercialisation des contrats Madelin retraite le 1er octobre 2020, ce PER individuel est d'ailleurs devenu la porte d'entrée naturelle pour les indépendants souhaitant se constituer une épargne retraite, les sommes déjà accumulées sur un ancien Madelin pouvant être transférées vers le PERIN pour regrouper son épargne sur un support plus récent.

Ce sujet concerne aussi indirectement de nombreux salariés : ceux qui envisagent de créer leur activité en cours de carrière, ou dont le conjoint exerce une activité non salariée, ont tout intérêt à se renseigner sur ces règles distinctes pour ajuster leur stratégie d'épargne à l'échelle du foyer. À ce titre, il faut savoir que la gestion de la retraite des indépendants a elle-même évolué : jusqu'en 2018, elle relevait du RSI (Régime Social des Indépendants), souvent critiqué pour ses lenteurs administratives, avant d'être reprise par la Sécurité sociale des indépendants, aujourd'hui intégrée au régime général, à l'exception de certaines professions libérales réglementées qui conservent leurs propres caisses complémentaires.

 

PER ou anciens produits : que faire des contrats existants ?

Les salariés qui détiennent encore un ancien Perco ou un contrat Article 83 peuvent choisir de les conserver, de continuer à les alimenter, ou de les transférer vers un PER plus récent, généralement plus souple en matière de frais et de conditions de sortie. Ce transfert permet notamment de regrouper l'ensemble de son épargne retraite sur un support unique, plus lisible, tout en bénéficiant d'une plus grande liberté de sortie et, dans bien des cas, de frais de gestion réduits par rapport aux anciens contrats.

 

Depuis 70 ans, la déduction fiscale à l'entrée disparaît

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER après le 70ᵉ anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable. Les salariés qui poursuivent une activité au-delà de cet âge ont donc intérêt à concentrer leurs versements les plus importants avant cette échéance, afin de profiter pleinement de l'avantage fiscal tant qu'il reste applicable.

 

Pour un salarié, le PER combine trois leviers rarement réunis dans un seul produit : une déduction fiscale sur les versements volontaires, un abondement potentiellement exonéré via le compartiment collectif de l'entreprise, et une grande liberté de sortie à la retraite. La clé d'une stratégie efficace reste de vérifier son plafond disponible chaque année, d'exploiter le report des plafonds non utilisés, et de solliciter l'avis d'un conseiller en gestion de patrimoine avant tout versement significatif, afin d'ajuster ses arbitrages à sa situation professionnelle et à ses perspectives de revenus.

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